La Turquie ne peut venir à bout de la rébellion du PKK estiment les observateurs

La Turquie a-t-elle entamé une guerre sans issue avec les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)? Un mois après le début de son offensive militaire, la liquidation de l’organisation rebelle semble impossible et le processus de paix s’éloigne, selon des analystes.
Avec environ 50 soldats turcs tués depuis le début des affrontements il y a un mois, l’offensive militaire, en plus d’être meurtrière, risque de créer une escalade de la violence et d’éloigner la perspective d’un accord de paix avec le PKK dans un conflit qui a fait plus de 40.000 morts en trente ans.
Depuis l’attentat suicide de Suruç (sud), qui a tué 33 personnes prokurdes et a été attribué à l’organisation État islamique (EI), la Turquie a lancé le 24 juillet une « guerre contre le terrorisme ».
Cette guerre, qui a officiellement pour cibles les djihadistes du groupe État islamique (EI) et les rebelles kurdes, vise en réalité davantage le PKK.
Le but de l’armée « n’est pas de tuer le PKK, le décapiter ou de le provoquer dans une escalade de la guerre mais de l’affaiblir pour le contraindre à revenir à la table des négociations », explique à l’AFP Soner Cagaptay, directeur du programme de recherche sur la Turquie au Washington Institute. L’analyste se veut toutefois prudent car « il y a plusieurs dynamiques qui peuvent échapper au contrôle ».
« Le PKK a sans doute perdu quelque douzaines de combattants surpris par ces attaques soudaines de l’aviation », pense David Romano, professeur de politique du Moyen-Orient à l’université du Missouri et auteur de « Le mouvement nationaliste kurde ».
Une information invérifiable : l’armée turque a tué 771 rebelles kurdes depuis le déclenchement de son offensive, a affirmé quant à elle l’agence gouvernementale turque Anatolie.
Pour certains analystes, seule une opération terrestre d’ampleur pourra porter un coup fatal au PKK. Mais « les rebelles ont une longue expérience. Ils peuvent fuir et se cacher », rappelle David Romano.
À la suite des bombardements successifs sur le mont Qandil, les chefs rebelles du PKK se sont dispersés entre le nord de la Syrie, l’Irak et le nord-ouest de l’Iran avec un de leurs leaders, Murat Karayilan, selon l’agence Anatolie. Mais aucune preuve ne l’atteste.
« En l’absence d’une opération en simultanée au-delà de la frontière, avec des troupes plus nombreuses, les frappes aériennes ne sont efficaces que dans une certaine mesure. Elles sont plus symboliques que paralysantes », estime Soner Cagaptay.
Quel est l’enjeu de cette opération militaire dans un pays en proie à une impasse politique depuis les législatives de juin, en l’absence d’une coalition gouvernementale ?
Selon les analystes, le président turc Recep Tayyip Erdogan voit peut-être là une occasion de marginaliser le Parti démocratique du peuple (HDP, prokurde) qui, en glanant 13% des voix en juin, a empêché son parti islamo-conservateur de l’AKP d’obtenir la majorité absolue.
Avec sa campagne, M. Erdogan espère que les citoyens, conscients du lien du HDP avec les rebelles kurdes du PKK, reporteront leur voix sur l’AKP (parti de la Justice et du développement, au pouvoir depuis 2002) au prochain scrutin, envisagé le 1er novembre.
M. Erdogan tient là « une chance d’échapper à une composition du Parlement turc telle qu’issue des urnes » en juin, souligne Soner Cagaptay.
Dans un tel contexte, la reprise des négociations de paix semble elle aussi difficile.
Emprisonné sur l’île d’Imrali, au large d’Istanbul, le fondateur et leader historique du PKK Abdullah Öcalan est privé de visites et écarté du processus de paix.
« Le processus de paix est en grande difficulté », a déclaré un membre du gouvernement sous couvert de l’anonymat. « Tant que le PKK ne donnera pas un calendrier concret pour le désarmement, les opérations (militaires, ndlr) vont continuer », a-t-il ajouté.
« Les négociations vont êtres très difficiles », estime David Romano, pour qui « après tout ça, la confiance est perdue » entre les deux camps.
Pour Pinar Elman, analyste turque de l’Institut polonais des Affaires internationales, l’expérience passée a démontré que les moyens militaires ne sont pas suffisants pour défaire le PKK, et que des réformes sont nécessaires.

Yoldas Guzelyildiz

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